ÉDITORIAL :  CONGRÈS EXTRAORDINAIRE DU RPP Le pari de la continuité

Actualité 04 février 2026 1 Vues
ÉDITORIAL :  CONGRÈS EXTRAORDINAIRE DU RPP Le pari de la continuité

Il y a des moments où une nation retient son souffle, consciente que ce qui se joue dépasse le seul calendrier politique. Le congrès du RPP de samedi dernier, où le président Ismaïl Omar Guelleh a été investi candidat du parti à l’élection présidentielle d’avril 2026, appartient à ces moments.

Ce samedi 8 novembre, au Palais du Peuple, quelque chose s’est exprimée avec force : un appel. Celui que le chef de l’État a dit avoir « entendu »,  « observé » et « réfléchi » avant d’y répondre. Un appel venu de partout, comme si la nation elle-même, dans un mouvement unanime, avait exigé la continuité d’un leadership jugé indispensable à l’heure où le monde vacille. L’émotion perceptible dans sa déclaration traduisait la gravité de l’heure.

D’abord, le message envoyé par la majorité est clair : aucune place pour le doute, aucune place pour l’improvisation. Dans un contexte régional où l’imprévisible est devenu la norme, le RPP et ses alliés misent sur une figure qui incarne l’expérience, le contrôle, la continuité stratégique.

Ensuite, le ralliement de l’UDJ bouleverse les lignes traditionnelles. Il donne au président-candidat une profondeur politique que peu anticipaient. Ce rapprochement, dans une opposition souvent morcelée, illustre bien le sentiment de beaucoup, selon lequel l’heure n’est pas à l’affrontement idéologique, mais à la préservation des équilibres.

Dans une région où l’instabilité est souvent la règle, voir une telle cohésion s’exprimer publiquement n’est pas anodin.

Cela dit quelque chose de l’aspiration profonde d’un pays à  préserver ses acquis, sa sécurité, son rang et sa sérénité.

Mais il serait réducteur de ne voir dans cette investiture qu’une simple reconduction. Elle marque un moment de vérité. Celui où une nation décide de la manière dont elle veut affronter les défis des temps actuels. La stabilité n’est pas l’ennemie du changement, elle en est souvent la condition.

Comme l’a rappelé le président Guelleh, le monde change vite, trop vite parfois : crise climatique, tensions géopolitiques, recomposition des alliances, montée des risques… Autant de mutations qui imposent vigilance, lucidité et capacité d’anticipation. Dans cet environnement mouvant, notre pays ne peut se permettre ni les hésitations ni les fractures.

La prochaine présidentielle sera bien plus qu’un simple rendez-vous électoral. Elle sera un test de cohésion, un miroir tendu à l’ambition collective du pays. Celui-ci a devant lui un choix

majeur : poursuivre sa marche vers le développement en consolidant ses fondations, ou risquer l’incertitude dans un monde qui n’attend pas.

En avril 2026, les Djiboutiens ne voteront pas seulement pour un nom. Ils choisiront un cap. Et ce choix, cette fois, pourrait bien être déterminant.

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